IKIGAMI ::: vers l'accueil Lire un Extrait
Comme toutes les grandes œuvres d’anticipation, Ikigami met en scène une société qui fonctionne, au prix d’un sacrifice éthique plus ou moins lourd. Mais, contrairement à la plupart des titres du genre, il ne s’attache pas à décrire une société exotique qui prendrait valeur de métaphore, comme c’est le cas du Minority Report de Philip K. Dick ou du Soylent Green de Richard Fleischer. La caractéristique principale d’Ikigami est de représenter, en substance, notre monde. A une exception près : un jeune sur mille doit mourir pour inculquer aux autres citoyens le goût de la vie. Une machine administrative huilée prend en charge la condamnation à mort arbitraire de ces jeunes citoyens sacrifiés pour la nation. Et le héros de ce thriller étrange n'est pas une victime tentant de vaincre la fatalité, mais un fonctionnaire, plutôt apathique, qui vient deux à trois fois par mois livrer le préavis de mort, ou Ikigami, aux malheureux élus.
Dans l’article que lui ont consacré Motohiro Iwada et Satoshi Nakamura, et que le Courrier International a retranscrit dans son numéro du 8 mars 2007 sous le titre « Japon - une décadence sociale illustrée », l’auteur Motoro Mase affirmait que, si le Japon devenait une dictature, Ikigami serait interdit. Déjà encensé pour son adaptation en bande dessinée du roman Heads de Higashino, Mase peut paraître présomptueux, et pourtant, il a sûrement raison.
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